A la découverte des hautes vallées

A partir de 2020, certains auront envie de partir voyager plus … près ! invités par la pandémie du COVID-19. Car le goût du voyage qui persiste en nous depuis le temps où nos ancêtres étaient nomades, nous chatouille et nous démange, malgré les risques.

Depuis les débuts de La Trace Bleue, je vous invite à voyager plus près, à découvrir les richesses de notre pays, les merveilles de nos contrées. Ainsi, cet été, La Trace Bleue vous propose une randonnée inédite, un itinéraire qui passe du canton des Grisons à celui du Tessin en cousant l’un et l’autre avec le fil de nos pas. Du 16 au 22 août, venez marcher avec nous sur les sentiers des hautes vallées, admirer fleurs et animaux, écouter torrents et alpages, sentir les brises vivifiantes des montagnes … échappez-vous!

Informations complètes sur « Hautes vallées des alpes tessinoises ».

La VIA FRANCIGENA, c’est quoi?

La Via Francigena est un itinéraire de pèlerinage qui, depuis le Moyen-âge, conduit les pèlerins venant d’Europe occidentale et centrale vers le tombeau de l’apôtre Saint Pierre à Rome. Bien que fréquenté auparavant, il devint plus couru dès l’an 990 lorsque le nouvel évêque de Canterbury, Sigéric, se rendit à Rome pour aller chercher sa crosse. Lors de son retour, il tint un carnet de route dans lequel il décrivit son voyage, ses étapes. C’est une histoire qui ressemble passablement à celle de Godesalc, l’évêque du Puy-en-Velay qui se rendit à Saint-Jacques-de-Compostelle en 941 et ouvrit ainsi les portes de cette contrée aux pèlerins.

Donc, dès l’an mil, des foules de pèlerins se rendirent à Rome ou à Saint-Jacques-de-Compostelle pour adorer les reliques des saints apôtres, Pierre au sud et Jacques le Majeur à l’ouest. Certains passaient de Rome à Saint-Jacques-de-Compostelle, ou inversement, ou se rendaient encore en d’autres lieux sacrés : Rocamadour, Einsiedeln, Assisi et d’autres site où se trouvaient d’autres reliques. Ceux qui le pouvaient se rendaient à Jérusalem, mais ce voyage-là était, et est encore, nettement plus long et périlleux.

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Sur la Via Francigena, dans la Plaine du Pô

En partant de Suisse, Rome est la destination la plus proche, à environ 1000 kilomètres ; alors que Saint-Jacques-de-Compostelle se trouve à environ 2000 kilomètres. N’oublions pas que jusqu’au vingtième siècle, les pèlerins qui arrivaient à leur destination n’avaient effectué que la moitié de leur chemin, car ils devaient encore rentrer à pieds !

Comme la via Jacobi qui mène à Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Francigena vécut un âge d’or entre le XIe et le XIVe siècle. L’instabilité politique et la Réforme qui interdisait le culte des reliques eurent raison de ce genre de pratique. Les foules se réduisirent à quelques individus pendant plusieurs siècles.

Aujourd’hui, alors que les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle sont de plus en plus fréquentés, les routes menant à Rome se développent. De plus en plus de pèlerins se rendent vers la ville éternelle, la plupart après être déjà allés à Saint-Jacques-de-Compostelle et souhaitant vivre une expérience similaire. Dans la superbe ville de Viterbo, près de Rome, environ mille pèlerins ont été accueilli en 2008, et environ deux mille étaient attendus en 2009, soit environ 200 fois moins qu’à Saint-Jacques-de-Compostelle ! Beaucoup d’énergie a été mise au développement des différents itinéraires, à l’ouverture de refuges pour pèlerins ou à l’accueil en général. La Via Francigena est donc « ouverte » mais encore assez peu fréquentée.

Je l’ai parcouru en pèlerin en 2009 de Romont, en Suisse, à Rome. Puis y suis retourné en guidant un groupe pendant 8 semaines depuis St-Maurice en 2015. En 2018, nous avons traversé une partie de la Toscane sur cet itinéraire splendide.

Depuis 2020, La Trace Bleue vous propose de suivre la Via Francigena en plusieurs étapes, en plusieurs années, en commençant le 6 septembre 2020 à St-Maurice pour cheminer jusqu’à Aosta. L’an prochain, nous descendrons la vallée d’Aoste jusqu’aux portes de la Plaine du Pô.

Autres adresses internet sur le sujet:

http://francigena-international.org/fr_FR/

http://www.viefrancigene.org/en/

Architecture paysagère

C’est lors de mes études d’architecture paysagère que j’ai pris goût à l’aquarelle et au carnet de croquis. Mais si ces dernières années, j’ai surtout développé les cours et stages d’aquarelle ou de carnet de croquis, je suis resté actif dans le domaine du paysagisme et dessine encore parfois des avant-projets d’aménagement de jardins.

Voici quelques exemples de dessins de plans ou perspectives d’aménagements de jardin.

Comme vous voyez, tous ces rendus ont été dessinés ou en tout cas coloriés à la main. A contre-courant de la majorité de mes collègues qui travaillent sur des logiciels informatiques, je préfère en effet utiliser crayons et papier pour m’exprimer. C’est ainsi que je conçois le dessin, dans le contact avec la matière, le papier, le graphite, les pigments…

Dessiner pour passer le temps

Peut-être avez-vous depuis quelques jours un peu plus de temps pour vous adonner à vos tâches ménagères ou vos hobbies, un des côtés positifs de la pandémie du coronavirus ?

Je vous encourage donc à sortir en nature et aller dessiner ou peindre. Ca change les idées, ça aère les poumons et la tête, ça fait bouger… en fait, ça fait vraiment du bien !

Je vous propose ici une idée que ceux ayant déjà participé aux stages de La Trace Bleue ont peut-être entendu : se servir d’un cadre naturel pour dessiner le paysage que l’on voit à l’intérieur. ça aide beaucoup à se concentrer sur un sujet sans se perdre et à trouver les bonnes proportions. Voici ci-dessous un dessin que j’ai effectué hier.

Taillis humide, aquarelle sur papier Canson, Bastian Keckeis, 25 mars 2020

Procédure :

  1. choisissez le cadre et le paysage que vous voyez au travers
  2. installe-vous confortablement et sortez vos outils
  3. dessinez au crayon les troncs ou branches ou autres éléments qui servent de cadre
  4. préparez les couleurs en aquarelle que vous voulez apposer sur le fond
  5. mouillez l’intérieur du cadre
  6. peignez le fond en mouillé sur mouillé
  7. laissez sécher et préparez un peu d’encre de Chine dans une petite coupelle
  8. une fois le fond complètement sec, tracez les branches ou troncs de grande épaisseur à l’encre de Chine avec un pinceau moyen
  9. continuez en traçant les autres rameaux avec un pinceau fin (ceci peut être effectué en même temps que l’étape 8)
  10. de temps en temps, regardez autre chose, allez faire quelques pas, puis revenez à votre dessin pour le regarder avec un nouvel oeil, ceci vous aidera à vous arrêter au bon moment ou à choisir où ajouter quelque chose

Je vous souhaite du plaisir avec cet exercice et n’hésitez pas à écrire un commentaire sur ce blog ou à m’envoyer votre dessin par courriel !

Recette pour survivre au virus

Nous sommes en train de vivre une situation tout à fait extraordinaire due à l’arrivée du fameux coronavirus sous nos latitudes. Nous sommes tous touchés et restons remplis d’interrogations. C’est peut-être enfin l’occasion de remettre en question un certain nombre de choses dont le fonctionnement destructeur de notre société. Le confinement imposé par les autorités limite nos déplacements et nos activités mais ne nous empêche pas de vivre!

Et si nous apprenions enfin à vivre dans et avec notre environnement proche, avec nos proches? A vivre en sobriété, en se satisfaisant d’activités simples et pourtant si enrichissantes comme jouer, se promener, préparer de bons plats maison, dessiner, bref… ce n’est pas le choix qui manque et c’est ce que La Trace Bleue propose depuis déjà 15 ans!

Cette crise pourrait bien être un des événements majeurs qui vont jalonner l’effondrement de la société dans laquelle nous vivons depuis quelques décennies. Des crises essentielles à un nouveau départ, comme l’hiver est essentiel à la graine pour qu’elle germe au printemps.

Ca tombe bien, c’est justement le printemps de la nature (au cas où les grands déconnectés de la nature ne l’auraient pas remarqué) et cette dernière, dans son immense bonté, nous met à disposition de quoi vivre : des forêts pour apprendre à respirer, des plantes comestibles pour se nourrir de bonnes choses.

Aujourd’hui, je vous propose donc une bonne assiette riche et simple. Un mélange d’herbes des prés (feuilles de plantain, d’achillée, et de dent-de-lion, pousses de gaillet gratteron, feuilles de pulmonaire et de lamier, feuilles d’ail des ours, pousses de stellaire) haché et coloré de fleurs de plantain, de pulmonaire et de lamier. Tout cela déposé frais sur une couche de pâtes, de riz ou autre féculent. Une assiette très riche en vitamines et dont la légère amertume aide au nettoyage intestinal printanier, nécessaire mais trop souvent oublié.

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Assiette printanière simple

Je vous souhaite un bon appétit et surtout une belle cueillette!

Et si vous voulez aller plus loin dans l’apprentissage des plantes sauvages comestibles, voici quelques adresses :

La Trace Bleue, randonnée accompagnée, dessin, etc

Françoise Marmy, herboriste

Association Suisse des Accompagnateurs en Montagne