Val Maggia

La Maggia, vous connaissez ? Vous avez certainement entendu parler de cette vallée ou de cette rivière tessinoise bien connue. Peut-être même l’avez-vous déjà parcouru ?

Un affluent de la Maggia dans le Val Bavona

Située dans la partie nord du Tessin, celle qu’on appelle « Sopra Ceneri », la vallée de la Maggia trace une entaille profonde dans les Alpes dans un axe Nord-Ouest – Sud-Est. Elle a été creusée par la rivière du même nom qui descend de la région du « Passo di Naret » sur une longueur de 56 kilomètres jusqu’au Lac Majeur où elle a formé un large delta. Rivière exceptionnelle à plusieurs égards puisqu’elle a conservé en grande partie son aspect naturel, contrairement à ses consoeurs du pays. En effet, comme vous le savez peut-être déjà, plus de 90% des cours d’eau suisses ont été endigués. Ils ont ainsi perdu leur aspect naturel, leur dynamique alluviale, leur richesse biologique. Elle, la Maggia, présente encore des kilomètres de berges naturelles, d’ilots de pierres, de forêts inondables, d’étangs, de zones de rapides. On y trouve des coléoptères très rares et des reptiles qu’on ne peut observer nulle part ailleurs en Suisse comme la couleuvre verte et jaune. Le fond de la vallée abrite 1 tiers de la flore suisse soit plus de 600 espèces végétales. 71 espèces d’oiseaux y nichent dont certaines fortement menacées comme le petit gravelot qui niche justement sur les berges caillouteuses. Tout en aval, le delta de la rivière continue d’avancer lentement sur le Lac Majeur et, bien qu’entouré de zones urbanisées, il constitue une importante zone de ravitaillement et de repos pour les oiseaux migrateurs.

La Maggia près de Gordevio

Lorsqu’un cours d’eau présente encore un itinéraire naturel, sans barrages, son débit peut fortement varier en fonction des saisons et des phénomènes météorologiques. Les crues de la Maggia peuvent succéder aux périodes d’étiages avec un facteur de 7000 et surprendre vacanciers et riverains. Cette rivière est connue pour cela et ses crues dont le débit peut dépasser celui du Rhin à Bâle peuvent être très dangereuses. Les débordements ne sont pas rares, les inondations parfois destructrices.

Les coteaux de la vallée sont pour la plupart très abruptes et recouvert de forêts de châtaigniers, de hêtres et autres essences. Le climat étant plus chaud qu’au nord des Alpes, le châtaignier y recouvre de grandes surfaces et s’y épanoui totalement. Ensemble avec la pierre, ils semblent former ce couple fort de la civilisation du châtaignier telle qu’on la retrouve en Corse ou en certains endroits d’Italie.

Grotti près de Maggia

En plus de la nature, le patrimoine bâti de cette vallée est d’une grande richesse. Il est très dépaysant pour le visiteur venu du Nord des Alpes de découvrir les villages tessinois. On se trouve ici dans le pays de la pierre, très différent des constructions qu’on trouve sur le Moyen-Pays ou même en Valais. Habitations, granges, greniers, étables, sentiers, ponts et autres sont construits de pierre locale. On se croirait dans quelque région sauvage de Corse ou d’un autre pays méditerranéen, où les bâtisseurs sont des colosses aux mains habiles, des maçons surdoués et amoureux de leur terre. De grandes dalles de pierre permettent ici de traverser un ruisseau, des murets finement ouvragés retiennent là des terrasses de culture et là-bas des toits de lauzes abritent de petites maisons aux murs de granit. Dans certaines vallées adjacentes comme le Val Bavona ou le Val Lavizzara, des chemins ont même été creusés dans la roche, des bergeries blotties sous d’immenses blocs de roche, constructions quasi troglodytes.

Fontana dans le Val Bavona

La Maggia est bien connue des touristes qui aiment l’eau fraîche car elle offre un bon nombre de plages, ou plutôt de berges, qui donnent accès à la baignade. Son eau, la plupart du temps cristalline, s’écoule en rapides ou paisiblement dans de larges bassins qui permettent de nager. Ces piscines naturelles font la joie des familles et de tous les amoureux de la baignade en eau libre, à condition de rester prudent et de ne pas s’approcher de la rivière lorsque le temps se gâte.

Lis orangé, fleur rare et spectaculaire

C’est pour toutes ces raisons que cette année La Trace Bleue propose un séjour d’aquarelle dans cette région magnifique. Nos marches faciles nous permettront d’aller découvrir et peindre un jour des maisons de pierre grise, un autre jour, les bleus et turquoises de la rivière et bien d’autres sujets typiques. Toutes les informations se trouvent sur ce lien.

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